Une école d'arts visuels accueille de nombreux enfants issus de milieux défavorisés à Sion
Le Temps du dessin, école d'arts visuels ouverte notamment aux enfants issus de famille en difficulté, vient de fêter ses un an. L'académie a rapidement grossi, ses fondateurs espèrent pouvoir continuer à honorer toutes les demandes. Les explications de Cyrille Saura, sa co-fondatrice.

Le Temps du Dessin vient de fêter sa première année. Basées à l’Archipel, à Sion, elle s’adresse aux jeunes dès six ans. Sa particularité : soixante à septante pourcents de ses élèves sont issus de milieux défavorisés.
Le but est de donner accès à des cours d’arts visuels, à des enfants qui ne pourraient pas forcément acquérir ces bases académiques. Ils s'adressent à de jeunes passionnés. "Nous travaillons avec les services sociaux de la ville de Sion, qui connaissent nos critères", explique Cyrille Saura, professeure d’arts visuels et co-directrice du Temps du Dessin. L'école prend ensuite contact avec les parents, pour observer les dessins des enfants. "S'ensuit trois semaines de test, d'un côté comme de l'autre, pour s'assurer que l'enseignement convient", explique l'enseignante.
Cyrille Saura souhaitait fonder une telle école, qui accueille des migrants, depuis longtemps. "J'ai toujours été sensible à la question de la migration", précise-t-elle. Elle a travaillé pendant plusieurs années avec des personnes issues de la migration, et vient d'une famille migrante - son père, Barcelonais, a fui le franquisme.
Ces thèmes ont donc fait partie de son éducation. Et lorsqu’elle a rencontré son futur associé, Edik Katykhin, professeur d’arts visuels et réfugié ukrainien, elle a réalisé que l’art jouait un rôle particulier pour les enfants de cette région.
"L'enseignement artistique y est bien plus poussé que chez nous", précise Cyrille Saura. En plus de constituer pour ces jeunes une bulle, afin de s'évader de leur quotidien, et de leur permettre d'échanger, il est considéré comme essentiel par ces enfants. Par leurs parents également. "Le niveau est élevé, il est important de le maintenir", assure la professeure. Avec la guerre en Ukraine, la demande est donc forte.
Des jeunes passionnés
L’école s’assure qu’il s’agit de jeunes passionnés, pour limiter le nombre d’élèves et les perturbations. Car Le Temps du Dessin ne touche, pour l’instant, pas de subvention. Elle devrait bientôt être reconnue d’utilité publique, et ses co-fondateurs espèrent d’ici là pouvoir honorer toutes les demandes.
En attendant, l'académie vit de dons, il est notamment possible de la soutenir via son site internet. Cyrille Saura, dont certaines œuvres sont actuellement exposées à la galerie Belle Toile, à Martigny, a aussi décidé de reverser les produits de ses ventes à l'association Le Nid d'Artistes, créée pour financer l'école.
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