Les courses de ski alpinisme sont-elles à bout de souffle ?
Les courses de ski alpinisme sont-elles en péril ? Le récent appel à l'aide des Trophées du Muveran pour sauver l'événement a secoué le milieu. Les compétitions doivent se réinviter pour attirer de nouveaux participants.

Les courses de ski d'alpinisme sont-elles en danger ? Les Trophées du Muveran lançaient il y a une dizaine de jours un appel aux coureurs pour sauver la course. Le nombre de participants ne suffisait pas pour assurer la tenue de l'événement prévu ce samedi. Finalement, la 78e édition de cette course historique entre Vaud et le Valais pourra avoir lieu malgré un nombre d'inscrits insuffisants pour atteindre l'équilibre financier. Ancien organisateur de nombreuses courses de ski alpinisme, Claude Défago n'a pas été surpris par l'appel à l'aide des Trophées du Muveran. "On constate depuis quelques saisons que le nombre de participants diminue dans pratiquement toutes les courses", regrette-t-il.
Certaines compétitions, organisées tous les deux ans, durant la même saison que la Patrouille des Glaciers (PdG), tirent leur épingle du jeu. "La Patrouille des Glaciers est un effet d'attraction considérable", estime Claude Défago. "Nombre de courses sont d'ailleurs passées à trois coureurs comme pour la PdG alors qu'elles étaient traditionnellement à deux", explique-t-il.
Les compétitions biannuelles tirent aussi un autre avantage de leur modèle. La lourdeur de l'organisation, la recherche de financement et de bénévoles ont lieu uniquement chaque deux ans. "L'organisation est très très lourde. Les organisateurs qui prennent ça sur eux ont les épaules solides", félicitent Claude Défago.
Que faut-il changer ?
Parmi les constats : le manque d'enneigement lors des courses de printemps. Les coureurs des Trophées du Muveran devront par exemple marcher les skis sur le sac durant près d'une heure avant de chausser les lattes. Alors faut-il revoir les calendriers des courses ? La Patrouille des Glaciers avait aussi avancé l'an dernier la date de son événement entre Zermatt et Verbier. "Les conditions d'enneigement sont très aléatoires aujourd'hui", constate Claude Défago.
L'ancien journaliste insiste sur la nécessité de mettre en place des catégories pour les populaires. "Les coureurs qui n'ont pas le niveau des élites peuvent participer à la course avec une dénivellation moindre, mais sur le même parcours, avec la même technique et le même plaisir que les champions", conseille Claude Défago.
Le ski alpinisme fera son entrée l'an prochain aux Jeux Olympiques (JO) de Milan-Cortina. Mais contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'arrivée de ce sport aux JO ne fait pas l'affaire des compétitions de ski alpinisme. "Les jeunes ont cette attraction des JO et des médailles", estime Claude Défago. "Les compétitions des JO ne sont pas du ski alpinisme", tacle-t-il. Le Chablaisien regrette l'absence d'une course individuelle sur un grand parcours, qui redonnerait de l'intérêt pour les compétitions de ski alpinisme.
Les courses verticales nocturnes ont aussi détourné les coureurs du ski alpinisme. "Il y a beaucoup de gens qui ont l'impression d'avoir fait un championnat du monde parce qu'ils ont grimpé une piste de 600 mètres avec un plat de spaghettis à la fin. Mais, ce n'est pas du ski alpinisme", précise Claude Défago. L'organisation est aussi plus facile à mettre en place.
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