La révolte paysanne valaisanne reçue par l'Office fédéral de l'agriculture
Le collectif Action Agricole Valais sera reçu ce mercredi matin à Berne par l'Office fédéral de l'agriculture et par des parlementaires. Après la révolte paysanne de l'an dernier, l'heure est désormais au dialogue, mais toujours avec les mêmes revendications.

L'agriculture valaisanne va faire entendre sa voix ce mercredi matin à Berne. Le mouvement Action Agricole Valais est attendu dans les bureaux de l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG). La prise de rendez-vous ne date pas d'hier. Elle a été convenue lors de la venue de l'OFAG en Valais l'été dernier.
L'Office fédéral a déjà reçu début février les représentants de la Révolte agricole Suisse romande. Les Valaisans ont droit à une rencontre individuelle en raison de la spécificité de l'agriculture valaisanne. En Valais, les cultures spéciales sont majoritaires, près de 80%, contrairement aux grandes cultures présentes outre-Sarine.
À Berne, les agriculteurs valaisans feront à nouveau part de leurs revendications. Une année après les révoltes paysannes en Suisse et en Europe, les exigences n'ont pas bougé d'un iota. "Dans la politique suisse, tout va lentement", sourit Clément Gay, membre du comité Action Agricole Valais. "On a une politique agricole 2030 qui se met en place, mais on aimerait avoir quelques effets avant", ajoute le jeune viticulteur de Charrat. Les paysans réclament de meilleures conditions cadres, une rémunération juste et équitable pour leurs produits, une réduction de la charge administrative et une stabilité et sécurité de planification.
Seul changement depuis le printemps 2024 : la méthode. Une année après les manifestations, les panneaux de localité retournés et les bottes accrochées, l'heure est au dialogue. "Au lieu de râler, on veut aller de l'avant et proposer des solutions", explique Clément Gay. "On veut montrer que l'agriculture est une branche dynamique et professionnelle", appuie le vigneron.
Le prix, le nerf de la guerre
La principale préoccupation des agriculteurs reste la rémunération. Mais, le dialogue sur ce point avec l'Office fédéral de l'agriculture s'annonce sans issue. "On est encadré par des normes de la Confédération, mais dès qu'on parle de prix, c'est le secteur privé qui prend le relai", déplore Clément Gay. Une ambivalence qui place les agriculteurs sous le contrôle de Berne pour le respect des normes et sous l'égide du privé pour les prix. La solution ? Une politique agroalimentaire qui s'étend des normes jusqu'à la rémunération. "Une politique agroalimentaire permettrait aussi de respecter les lois fédérales qui prévoient un auto-approvisionnement alimentaire de 50%", rappelle Clément Gay.
Les membres d'Action Agricole Valais rencontreront aussi ce mercredi à Berne des parlementaires fédéraux. Ils discuteront d'interventions parlementaires en lien avec leurs revendications. "On a un parlement qui défend l'agriculture donc on va pouvoir plus facilement travailler avec lui pour une politique agricole plus forte", espère Clément Gay.
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