Extrême droite : un parti nationaliste et souverainiste voit le jour en Valais
Un nouveau parti politique nationaliste, souverainiste et anti-immigration voit le jour en Valais. Son nom : le Rassemblement romand patriote. Il se défend d'être un groupuscule violent, raciste et néonazi.

Un parti politique d'extrême droite essaie de percer en Valais. Fondé en mars 2024, le Rassemblement romand patriote (RRP) est un mouvement présent dans cinq cantons, dont le Valais.
La section valaisanne a été créée en novembre 2024. Après moins de deux mois d'existence, le RRP a même essayé de participer aux élections cantonales de mars 2025 sur le district de Sion. Il a toutefois été écarté du scrutin en raison d'une candidature déposée jugée inconforme. La liste ne contenait aucune candidature pour l’élection des députés-suppléants, alors que l’article 136 de la loi cantonale sur les droits politiques (LcDP) stipule qu’une liste doit renfermer au moins la candidature d’un député et d’un député-suppléant, sous peine de nullité. "On n'avait pas pris connaissance de cet article de loi", reconnaît William Roh, président de la section valaisanne du RRP.
Malgré ce revers, le Rassemblement romand patriote ne baisse pas les bras. Il entend se présenter lors de prochaines échéances électorales en Valais.
Un parti nationaliste et souverainiste
Le Rassemblement romand patriote est un parti d'extrême droite. Il se présente comme une alternative aux partis politiques, en rupture même avec l'UDC. "On a des points de divergences avec l'UDC", précise William Roh. "L'idée, c'était de créer notre propre parti", poursuit le Saviésan. Il ajoute : "on est fier de nos traditions, de notre pays."
Nationaliste, souverainiste, anticapitaliste et "anti-immigration justifiée", le RRP se défend d'être un mouvement raciste, xénophobe, néonazi. Il se dit pourtant proche d'Avenir français, un mouvement au contact du Rassemblement national (RN) en France. Il reconnaît aussi une proximité idéologique avec "Patriot Front", une organisation néonazie et nationaliste blanche américaine, qui milite pour la transformation des États-Unis en un ethno-Etat-blanc. Ses membres ont plusieurs fois été condamnés pour des agressions racistes.
Moins d'un an après son existence, le Rassemblement romand patriote a déjà été accusé dans une affaire d'autocollants d'extrême droite piégés par une lame de rasoir. Une femme a été blessée en février 2025 dans le canton de Vaud, en essayant de les enlever. Mis en cause, le RRP a assuré être totalement étranger à cette affaire.
Mais en Valais, le Rassemblement romand patriote assure ne pas prôner la violence. "On est ouvertement contre la violence", insiste William Roh. Le président du RRP reconnaît toutefois des tensions avec les groupes antifascistes. "Il y a naturellement une opposition avec l'extrême gauche, qui a plus tendance à user de la violence", estime-t-il.
La section valaisanne du RRP compte actuellement huit membres, essentiellement des jeunes. Sur les réseaux sociaux, ils s'affichent la plupart du temps sans identité, visage dissimulé et avec des habits sombres. "C'est normal que dans un premier temps, les gens sont un peu réticents. Ils ont peur pour leur image, pour leur emploi", explique William Roh. "Plus le temps avance, plus les gens sont à l'aise de s'afficher avec nous. Je ne vois pas pourquoi nos idées feraient peur" poursuit-il.
Contactée dans le cadre de ce sujet, la police cantonale assure être sur le qui-vive face à l'extrémisme. "Les spécialistes de la Police cantonale valaisanne vouent une attention particulière à toute forme d’extrémisme qu’il soit de droite, de gauche ou encore religieux. Elle intervient en cas d’éléments pénaux, cas échéant investigue et transmet son rapport à la magistrature", indique-t-elle sans plus de précision pour des raisons de sécurité.
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