Le septième art a encore un bel avenir devant lui : l'avis du directeur des cinémas de Sion
Le cinéma attire toujours du monde dans le pays. Et le Valais ne fait pas exception à la règle. Point de situation avec le directeur des cinémas de Sion Charles-André Walser qui se dit optimiste quant à l'avenir du septième art sur grand écran.

Les salles obscures continuent d'attirer de nombreux passionnés de cinéma partout en Suisse. Et ce, même si on observe différentes évolutions selon les régions linguistiques. Si la tendance est, par exemple, en légère baisse à l'échelle nationale – moins 2%, en 2024, par rapport à 2023, selon les données de l'Office fédéral de la statistique (OFS) –, on constate en revanche, l'an dernier, une hausse de 2% des entrées en Suisse romande et en Suisse italienne.
En Valais, ce sont ainsi plus de 295'000 entrées qui ont été comptabilisées en 2024, contre 288'000 une année auparavant et 266'000 en 2022. "A Sion, on a quand même une petite baisse de 3,9% par rapport à l'année passée. Mais ça s'explique par le fait que le Lux a été fermé durant 11 semaines pour une rénovation totale", remarque Charles-André Walser, directeur des cinémas de Sion. En faisant abstraction de ces travaux, c'est donc la stabilité qui fait foi, estime, en outre, ce dernier.
Film le plus vu dans le canton : la production française Un p'tit truc en plus. "C'était la surprise de l'année", explique encore le cinéphile. "Rien qu'à Sion, ce film a comptabilisé 15'000 entrées. Je pense que ça a rendu les gens heureux", ajoute-t-il.
Une production locale dans le Top 10
L'OFS indique d'ailleurs que sur les 10 films les plus vus en 2024 dans le pays figure un film suisse : Ciao-ciao Bourbine, en 6ᵉ position. Autre fait intéressant : pour la première fois depuis 2021, ce Top 10 ne se compose pas exclusivement de productions américaines. "Le box-office américain est encore un marché délicat, surtout depuis les grèves à Hollywood", précise Charles-André Walser.
Il estime aussi que les grosses productions venues d'outre-Atlantique, que l'on peut retrouver sur des plateformes de streaming telles que Netflix, ne plombent pas vraiment les salles de cinéma. "Il est clair que ces productions nous font concurrence, mais on a aussi des abonnés de Netflix qui sont également nos premiers clients lorsqu'un film sort en salle le mercredi", affirme Charles-André Walser. "On est proactif quand on va au cinéma", ajoute-t-il.
Faire ses "emplettes" au marché
Ce dernier explique qu'avant d'être projeté dans les salles obscures du canton, tous les films sont sélectionnés selon un processus bien particulier. D'abord, par les distributeurs suisses qui ont les droits des films pour le marché du pays : "un gros studio américain va par exemple recevoir une liste de toutes les sorties prévues aux Etats-Unis. Son premier travail sera d'éliminer ce qui n'a pas d'intérêt pour le marché européen et suisse", explique Charles-André Walser
Et ensuite seulement, par les salles de cinéma du canton. "On fait un petit peu notre marché, comme le vendredi à Sion", rigole le passionné de septième art :
Charles-André Walser affirme que si les salles obscures de Sion continuent d'être fréquentées, c'est également parce que les tarifs ne sont pas excessifs, en comparaison nationale. "En Suisse, les tarifs s'élèvent en moyenne à 16 francs, contre 13,40 francs à Sion. Je trouve que c'est un prix plus que correct au vu de la qualité proposée dans nos salles".
Pas de doute, le septième art sur grand écran a donc encore un bel avenir devant lui, selon lui : "Je suis confiant", affirme, de fait, le directeur.