Dyslexie et troubles dys : Berne demande à l’AI de se désengager. Outré, le Valais appelle à la mob.
Finie la prise en charge des ordinateurs ou logiciels de soutien pour les enfants souffrant de dyslexie ou de troubles similaires : l’OFAS demande à l’AI de ne plus les financer dès le 1er mars. Le conseiller d’Etat Christophe Darbellay appelle à la mobilisation pour lui imposer une marche arrière.

"Dans de nombreux cantons, l’AI finance encore les moyens auxiliaires destinés aux enfants en scolarité intégrée et présentant des troubles précoces de l’apprentissage, notamment des ordinateurs portables, des tablettes et des logiciels spéciaux. Or, ces moyens auxiliaires ne relèvent pas de la compétence de l’AI".
On parle ici de troubles "dys", soit de dyslexie, dyscalculie ainsi que de tous les troubles du même genre qui jusqu’ici pouvaient bénéficier d’une aide substantielle pour faciliter leur cursus scolaire.
Mais le texte adressé le 24 janvier par l’Office fédéral des assurances sociales aux offices cantonaux de l’AI (OCAI) est limpide : il leur impose de refuser le financement de toute demande de moyens auxiliaires déposée après le 1er mars, en lien avec des troubles de l’apprentissage. Le texte prévoit des exceptions précises, par exemple lorsqu’une dyslexie est la conséquence d’une maladie neurologique invalidante.
L'office de l'AI valaisan n'a pas d'alternative
En Valais, l’OCAI devra donc les appliquer et à dire vrai, surtout en raison des modifications introduites en 2008 déjà, par la réforme de la péréquation financière et de la répartition des tâches entre Confédération et cantons.
Depuis 16 ans en effet, les mesures de pédagogie spécialisée et curative sont passées sous la responsabilité des cantons.
Ces moyens auxiliaires y avaient échappé jusqu’ici "mais ils relèvent, eux aussi, des écoles", souligne Marie-France Fournier, directrice-adjointe à l’office valaisan de l’invalidité.
Une mesure qui déclenche la colère à la tête des écoles valaisannes
La nouvelle a été accueillie avec une certaine stupeur dans les écoles valaisannes. "Cette mesure est tout simplement inadmissible aux yeux de Christophe Darbellay. Le conseiller d’Etat valaisan en charge de la formation se dit choqué par les arguments avancés qu’il juge complètement incompréhensible.
En Valais et uniquement pour des soutiens informatiques, environ 200 élèves seraient concernées chaque année, selon les estimations de l’office de l’enseignement spécialisé. En évaluant le coût de ces mesures via des prestataires privés, l’office arrive à un tarif moyen de 6000 francs par élève, soit 1,2 millions de francs par année.
Pour Christophe Darbellay, aucun doute, la mesure et purement économique et il est, dit-il, hors de question de l’accepter d’autant que sur un temps aussi court, il n’y a aucune solution toute faire pour proposer une alternative aux familles concernées.
Selon le conseiller d'Etat, un courrier commun des directeurs cantonaux de l’instruction publique a déjà été adressé à la conseillère fédérale Elisabeth Baume-Schneider dans le but de l’amener à imposer une marche arrière à l’OFAS.
Christophe Darbellay, de son côté, appelle ses homologues cantonaux comme les élus sous la coupole, à intervenir.